
Aller-retour vers l'espoir :
Exposition d'artéfacts
Les artéfacts sont des objets fabriqués par l'homme, et ils peuvent nous en apprendre beaucoup sur l'histoire et la culture. Les objets qui nous entourent font partie intégrante de notre histoire. Si quelqu'un regardait ce qu'il y a dans ton bureau, qu'apprendrait-il à ton sujet? Il verrait que tu es en 6e, que tu vis en Ontario, quel est ton nom, et bien d'autres choses encore. On peut apprendre tant de choses en examinant des objets! Lorsque ces objets ont une importance historique, on les appelle des artéfacts.
Tous les passagers à bord du MS St. Louis avaient des objets avec eux, qu'il s'agisse des
vêtements qu'ils portaient, des documents qu'ils avaient sur eux, des photos qu'ils avaient prises ou des effets personnels rangés dans leurs valises.
Nous allons en apprendre davantage sur le voyage du St. Louis grâce aux objets que Lisa
Avedon et sa famille avaient emportés avec eux.
Nous tenons à remercier tout particulièrement la famille Avedon de nous avoir partagé ses
artéfacts, ainsi que Talia Avedon Mirkin de nous avoir fait part de son témoignage et de ses
expériences. Merci également au United States Holocaust Memorial Museum de nous avoir
donné accès à ses artéfacts et à ses connaissances.
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« Le coffre »
De nombreux passagers du MS St. Louis voyageaient sans doute avec des coffres comme celui-
ci, remplis de leurs effets personnels. Nous allons découvrir certains des objets que Lisa et sa
famille avaient emportés avec eux. Sur le côté de ce coffre, on trouve des autocollants qui indiquent les endroits où il a voyagé et qui nous aident à retracer l'histoire de Lisa. Après avoir immigré au Canada, Lisa a utilisé ce coffre pour ranger son matériel de loisirs créatifs, notamment sa laine à tricoter. Lisa aurait souvent ouvert et fermé ce coffre.
« Ce coffre est l'objet le plus précieux de ma famille, non seulement parce qu'il est grand, mais
aussi parce qu’Oma, ma mère et moi-même l'utilisons depuis des années. C'est notre coffre spécial pour ranger la laine à tricoter. Oma était douée pour les arts textiles comme le tissage, le tricot, la broderie et la couture. Elle était très créative et réalisait toutes sortes d'œuvres d'art, d'accessoires et de vêtements. Elle a appris à ma mère à tricoter, et ma mère m'a appris à mon tour. Chaque fois que nous commençons un nouveau projet, ma mère et moi allons chercher la laine qu'il nous faut dans ce coffre. Je trouve toujours l'inspiration là-dedans, car je me souviens de la passion qu'Oma mettait dans tout ce qu'elle faisait.»
« Casquette de capitaine »
Cette casquette a été portée par le capitaine Schroeder lors du voyage du St. Louis en 1939. Il
s'agissait du premier voyage du capitaine Schroeder à la tête d'un navire, une fonction qui impliquait de grandes responsabilités. Cette casquette symbolisait sans doute son autorité aux yeux de tous les passagers du St. Louis. Le capitaine Schroeder prenait son rôle très au sérieux et se sentait personnellement responsable du bien-être de ses passagers, y compris Lisa et sa famille.


« La chaise d'Oma »
Cette chaise a été embarquée à bord du St. Louis par les parents de Lisa. La famille de Lisa l'aurait emportée de leur domicile en Allemagne jusqu'au navire, puis d'Anvers jusqu'au Rhakotis, d'Angleterre en Amérique, et enfin au Canada. Ce meuble était cher à la famille, car c'était la chaise préférée d'Oma Ida. « La chaise d'Oma » aurait eu un aspect un peu différent dans
les années 1930, car Lisa et sa fille ont remplacé le tissu par ce motif dans les années 1980. Cette chaise était si importante pour la famille qu'ils ont tenu à la conserver afin qu'elle puisse être transmise aux générations futures.
« La chaise d'Oma a toujours été considérée comme un objet précieux chez nous. Je ne m'y suis assis qu'une ou deux fois : elle occupe un endroit spécial dans notre maison. Elle avait l'habitude de s'y installer pour lire ses précieux numéros du New Yorker. »
« Service à thé»
Ce service à thé faisait partie de la vaisselle de cuisine de la famille de Lisa en Allemagne, et ils l'ont emporté avec eux à bord du St. Louis. Imagine combien de fois la famille de Lisa a dû utiliser cet ensemble, et combien de leurs amis et proches ont bu du thé dans cette théière et dégusté des plats servis dans cette assiette. Ce service à thé a été fabriqué par une entreprise allemande appelée « Rosenthal »; peu de temps après la fabrication de ces pièces, le propriétaire a été contraint de quitter son entreprise parce qu'il était juif. L'histoire de ce service à thé commence avec les artisans qui l'ont fabriqué et se poursuit à travers la famille de Lisa. La société Rosenthal existe encore aujourd'hui.
« Nous ne faisons qu'admirer le service à thé; il est magnifique et fragile, et nous craignons
toujours qu'il ne se casse. Je suis étonnée qu'il ait survécu au voyage et qu'il soit si bien conservé. »


« Cristal »
Ces objets en cristal ont été fabriqués à la main par des artisans experts en Allemagne et constituaient sans doute des objets précieux pour la famille de Lisa. Ils les utilisaient lors d'occasions spéciales, lorsque la famille se réunissait autour de la table pour fêter les anniversaires et les fêtes, ou pour les dîners du shabbat. Après avoir immigré au Canada, Lisa a fièrement exposé ces objets chez elle et a raconté à sa famille et à ses amis comment ils s'étaient retrouvés à bord du St. Louis.
« Ce cristal fragile se trouvait autrefois sur la table de ma famille en Allemagne; bien qu'il fût peu pratique à transporter, ils l'ont emporté avec eux lors de leur voyage à bord du St. Louis. En choisissant de l'emporter, ma famille a montré non seulement sa détermination à conserver quelque chose de beau, mais aussi son espoir qu'un jour, cette beauté pourrait à nouveau faire partie de leur vie. »
« Madeline »
Lisa avait emporté un exemplaire de Madeline à bord du St. Louis, et elle l'aurait lu et relu sans cesse pendant son séjour sur le navire. Ce livre comptait tellement pour Lisa qu'elle a appelé sa fille Madeline! Sur cette photo, on peut voir de nombreux exemplaires des livres de Madeline que Lisa, ses enfants et ses petits-enfants ont lus. Cette poupée a été achetée pour Talia, la petite- fille de Lisa. Lisa a adoré ces livres toute sa vie.
« Ma mère me lisait tout le temps le livre de Madeline, et il est rapidement devenu l'un de mes
préférés. Je trouvais l'histoire amusante, mais elle a eu encore plus de valeur pour moi lorsque j'ai découvert qu’Oma l'adorait aussi et qu'elle avait donné à ma mère le prénom du personnage principal. Le livre m'a alors semblé encore plus spécial et a créé un lien entre nous trois. Chaque fois que nous le lisions, j'avais l'impression qu'une petite partie d’Oma était là avec nous. »


«Photographies»
Les photographies constituent l'un des principaux moyens dont nous disposons pour immortaliser
nos souvenirs. Dans les années 1930, la famille de Lisa ne pouvait pas prendre toutes les photos qu'elle aurait souhaitées. Les photos que la famille de Lisa a emportées avec elle à bord du St. Louis auraient été les seules images qu'elle avait des membres de sa famille restés au pays. Au fil des années, ces photos auraient pris encore plus d'importance pour se souvenir de ceux que Lisa avait perdus.
« J'adore découvrir notre histoire à travers de vieilles photographies, en particulier celles prises
en Allemagne avant la guerre. Ces images en noir et blanc montrent un monde différent : les
vêtements, les maisons, la façon dont les gens posaient. Elles me donnent un petit aperçu de la
vie dans les années 1930. Comme je n'ai jamais connu mes arrière-grands-parents, ces photos
sont l'un des seuls moyens qui me permettent de me sentir proche d'eux. »
« Peinture »
Cette peinture est plus grande qu'on pourrait le croire : elle aurait été trop volumineuse pour tenir
dans le coffre et aurait dû être emballée spécialement pour son voyage à bord du St. Louis. Bien que nous ignorions en quelle année elle a été peinte, ni qui en est l'auteur, nous savons que la famille de Lisa possédait cette peinture dans sa maison en Allemagne. Elle était peut-être un cadeau, ou représentait peut-être un paysage familier. Bien que nous n'en connaissions pas la raison exacte, la famille de Lisa considérait cette peinture comme bien plus qu'une simple décoration.
« Cette peinture a toujours eu sa place dans le foyer de notre maison. Nous avons choisi cette place car c'est la première chose que l'on voit en entrant. C'est un paysage serein et paisible qu’Oma adorait. Elle aimait la façon dont la lumière dans la peinture montrait le début d'un coucher de soleil, tout en laissant entrevoir le ciel bleu; son préféré. Elle appréciait également le
cadre doré, qu'elle considérait comme une œuvre d'art à part entière. »


Aller-retour vers l'espoir:
Exposition d'artéfacts
Réflexion de Talia

« Quand ma grand-mère Lisa est décédée, j'étais trop jeune pour comprendre son histoire. À mesure que j'ai grandi et que j'en ai appris davantage, j'ai été fascinée par son histoire et j'ai partagé mes découvertes avec les autres autant que possible. Partager son histoire avec les autres m'aide à me sentir proche d'elle et à rendre hommage à tout ce qu'elle a traversé. J'ai parlé de sa vie devant différents groupes et j'ai également écrit à ce sujet. Les gens réagissent souvent avec curiosité, non seulement à l'égard de son histoire personnelle, mais aussi de l'Holocauste dans son ensemble, et beaucoup font preuve d'empathie et de réflexion. J'aime voir à quel point son histoire touche les gens et suscite l'envie d'apprendre, quel que soit le niveau scolaire.
Les objets qu’Oma nous a laissés — sa chaise, son service à thé, son livre de Madeline, son
coffre, son cristal et ses vieilles photos — sont bien plus que de simples objets. Chacun d'entre eux raconte une partie de son histoire et m'aide à comprendre comment était sa famille avant la guerre et comment ils ont tenté de reconstruire leur vie après les expériences tragiques qu'ils ont vécues. Ces objets relient les générations de ma famille et nous rappellent nos racines. Bien qu'ils soient fragiles et souvent laissés de côté, ces objets ont une signification profonde et gardent son souvenir vivant.
Je pense qu'il est important que tous les élèves étudient le passé afin de mieux comprendre le présent et de se préparer pour l'avenir. L'histoire de ma famille est marquée par des épreuves, mais c'est aussi une histoire de résilience et d'espoir. Partager l'histoire d'Oma permet de perpétuer sa mémoire, et ces artéfacts sont un moyen puissant de rester en lien avec elle et avec tout ce qu'elle a vécu. En transmettant ces histoires, nous veillons à ce qu'elles ne tombent jamais dans l'oubli. »








